Vous prendrez du fromage après la raclette ?

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Dernier week-end avant déménagement. On ne dort même pas dans la chambre de d’habitude, celle du 7ème art, avec la frise Marilyn Monroe, car il n’y a plus de lit !

Les pièces se vident et les cartons s’empilent. On va faire une dernière flambée dans la grande cheminée qui trône au milieu de la pièce principale.

C’est bizarre mais c’est comme ça, une page se tourne et une autre va s’écrire.

La radio en fond sonore, on papote et on profite du temps qui passe…

Je suis sûre qu’elle va faire une raclette ce soir, je l’ai dit à Monsieur hier…

« J’ai pensé à une raclette pour ce soir ! Ca vous va ? »

Regard appuyé et clin d’œil vers lui !

« J’en étais sûre ! »

Elle sourit, lui aussi !

Elle énumère la liste des charcuteries pour accompagner le fromage. Sans compter le saucisson au camembert de Cambremer « pour l’apéro » !

Elle parle de bulles et de vin. Un dernier dîner ici, ça se fête !

On dresse la table, jolie présentation, belle nappe, les petits plats dans les grands, des verres à vin originaux et des flûtes à Champagne avec des pieds aussi grands que les pattes d’un flamand rose ! Oui on rangera la vaisselle dans les cartons en dernier, il y a des priorités !

Des détails qui font des souvenirs mémorables… Une table qui pourrait illustrer un magazine de cuisine ou de décoration !

Elle fait le point, elle veut qu’il ne manque rien.

« On verra pour le dessert » dit-elle car elle n’y a pas pensé ! Après une raclette je ne pense pas au dessert non plus !

Et la elle ajoute, sans rire : « Vous prendrez du fromage après la raclette ? »

Oui, nous sommes en Normandie…

Et oui on a pris du fromage…

 

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Destination Normandie

Destination_Normandie

Je participe régulièrement à des concours d’écriture.

L’an dernier il y en avait un où le sujet était : « Racontez une histoire qui se déroule en Normandie »…

La voici

Destination Normandie…

Ce matin là, Ambre a un entretien d’embauche dans les Yvelines.

En ce jeudi, elle prend sa voiture, petit cocon rassurant, pour se rendre dans les meilleures conditions à ce rendez-vous. Elle écoute les nouvelles sur France Inter, la pluie cogne sur le pare-brise. Elle s’engage dans la circulation et c’est parti, elle prend son mal en patience ! Elle a pris de l’avance pour arriver à l’heure. Ce rendez-vous est loin de chez elle mais Ambre n’a pas le choix !

Coincée dans les embouteillages à la hauteur de l’A13, ses pensées vont vers la Normandie, vers le calme, la détente, vers la mer. Une idée lui traverse l’esprit : Et si elle bifurquait…

Le son annonçant l’heure pile à la radio la ramène où elle est : Coincée !

Coincée ! C’est ça sa vie, elle est coincée. Elle cherche des solutions en avançant pas à pas mais en étant le plus souvent bloquée, ralentie…

Un accrochage devant elle, rien de grave, mais encore de l’attente, encore coincée. Elle décide de bifurquer. Pas dans ses pensées, en vrai !

Un sentiment de liberté l’envahit lorsqu’elle tourne le volant et qu’elle prend la direction de l’Ouest. Elle se sent tout d’un coup plus légère en optant pour la route qui lui permet d’avancer. Elle avance…

Une pause s’impose dans la première station service sur son chemin. Elle prend un café. Puis elle prend le temps de prévenir qu’elle ne va pas pouvoir venir à son rendez-vous professionnel et elle appelle la chambre d’hôte dans laquelle elle a l’habitude d’aller. Elle décale son rendez-vous géographiquement, tout simplement ! Et si elle se donnait rendez-vous avec elle-même finalement. C’est la première fois qu’elle fait ça, partir sur un coup de tête. Elle ne sait pas où cela va la mener ! Mais elle sent que c’est le bon moment !

Dans sa tête elle a un grand besoin de quitter la ville pour se mettre au vert. Concrètement tout ne se fait pas comme ça. Aller où et pour faire quoi ?

Arrivée à Mézidon Canon, l’accueil chaleureux de son hôte lui fait croire qu’elles sont presque de la même famille.

Il y a la cheminée d’allumée, l’odeur des madeleines qui sortent du four. Il y a le son de la bouilloire qui annonce un thé en préparation. Il y a de la douceur. Elle se pose. C’est drôle, elle a presque l’impression que la propriétaire l’attendait !

Elle raconte son histoire à madame Belin. Cette dernière l’écoute et sourit. Un petit sourire en coin, énigmatique.

Elle lui dit : « Vous savez, ça ne m’étonne pas ! ».

Evidemment elle reçoit des gens qui viennent passer un week end ou quelques jours. Des gens détendus venus se faire plaisir et visiter la Normandie, ses verts pâturages et ses bords de mer, ses haras, grands hôtels et casinos.

Forcément quand on arrive chez elle on a envie de poser ses bagages et de rester. On oublie les tracas du quotidien.

Puis elle poursuit : « Ca ne m’étonne pas parce que la première fois que je vous ai accueillie, j’ai tout de suite pensé que vous reviendriez ! Ce n’est pas que de la détente que vous cherchiez, même si c’était certainement inconscient de votre part, je l’ai ressenti. Vous aviez déjà envie d’autre chose ».

Ambre reste muette. Cette femme a mis des mots sur ses maux. Elle doit changer, et l’envie de venir s‘installer par ici la séduit effectivement. Mais par où commencer ?

Comme si elle lisait dans les pensées d’Ambre, Madame Belin lui demande ce qu’elle a comme bagage.

La jeune femme répond qu’elle a son sac à main et une paire de vieilles baskets dans le coffre de sa voiture ! Elles rient de bon cœur. Madame Belin dit à Ambre qu’elle se revoit à son âge.

La propriétaire des lieux lui explique qu’un jour elle en a eu assez de subir l’ambiance familiale. A l’époque il n’y en avait que pour les garçons et avec une famille nombreuse de 10 gars et 3 filles, elle ne faisait que « la bonne ». Alors un jour, elle est partie…

Ambre reste bouche bée.

Elle poursuit en lui racontant qu’en ayant marre de subir, elle a décidé de prendre ses économies, quelques affaires et de prendre le bus. Elle est venue jusqu’ici, elle a posé ses « valises » dans une pension, histoire de trouver un boulot et d’aviser. Elle ne connaissait personne, elle ne connaissait pas non plus la Normandie, mais elle avait décidé que ce serait ici son nouveau départ !

Quel courage et quel culot se dit Ambre ! Elle sourit en regardant madame Belin lui conter ses aventures et attend la suite.

Elle lui raconte qu’à ce moment là il y avait du boulot partout et que c’est à Cambremer, dans la petite épicerie, qu’elle a été embauchée. C’était une vieille dame qui tenait ce commerce. Un peu bourrue de premier abord mais compréhensive, elle lui a accordé sa confiance et donné sa chance.

Elle a fait ses preuves et la vieille dame lui a proposé de s’installer dans la petite chaufferie à côté de chez elle. Petit à petit elle lui a passé la main.

Ambre apprend donc que Madame Belin a tenu la boutique qui vend les saucissons au Camembert, le Pont-l’évêque et la Kékette célèbre bière normande dont on ne peut oublier le nom ! Endroit où Ambre se rend à chacun de ses passages en Normandie comme un « pèlerinage » !

Son « tea time » est savoureux et ce n’est pas uniquement grâce aux madeleines.

Cet échange donne encore plus l’impression à Ambre que tout est possible.

La jeune femme prend congés de son hôte en lui disant qu’elle va s’acheter une brosse à dent et quelques affaires. Elle compte rester jusqu’à dimanche si ça ne pose pas de problème pour louer la chambre.

Ambre arrive à Livarot, file en ville pour le plaisir d’y faire un tour. Puis elle se rend au supermarché pour l’essentiel.

De retour « à la maison », étrangement Ambre se sent chez son hôte comme chez elle, elle offre une bouteille de Champagne à madame Belin avec la consigne de la mettre au frais. Puis elle monte se changer afin de se mettre à l’aise.

La soirée commence avec des bulles et du saucisson de Cambremer !!! C’est joyeux. Madame Belin, qu’Ambre appelle désormais par son prénom, Joséphine, lui demande si elle a quelque chose de prévu le lendemain ou si elle peut l’accompagner chez une de ses amies.

Rendez-vous pris pour le lendemain.

Les deux femmes prennent la direction de Cambremer. Tient, décidément Ambre entend beaucoup parler de ce coin.

La petite épicerie est ouverte et le fleuriste, à côté, fait sa mise en place avec goût.

Joséphine entre dans la boutique de produits locaux. Ambre la suit. L’odeur du Camembert et du saucisson lui donne l’eau à la bouche, même si il n’est pas encore 10h. C’est une incorrigible gourmande.

Joséphine s’entretient avec la femme qui tient la caisse. Absorbée par les denrées proposées, Ambre ne prête pas attention à la conversation. Elles repartent. Dans la voiture, Joséphine lui demande si elle serait partante pour un remplacement dans la boutique pendant 15 jours à la Toussaint.

La jeune femme la regarde et lui dit qu’il n’y a pas de problème, qu’elle peut se libérer et que ce serait avec grand plaisir.

Elle voit le clin d’œil que Joséphine lui fait. Elle lui dit que la personne en place va partir en vacances, que cette période est assez creuse mais qu’elle ne peut pas se permettre de fermer.

Joséphine lui raconte que cette épicerie, c’est la sienne. La vieille dame qui lui a donné sa chance n’avait pas d’héritier. Elle a fait en sorte que ce soit elle qui en hérite. Depuis Madame Belin donne leur chance à des gens, afin d’offrir en retour à d’autres la chance qu’elle a eu.

Evidemment c’est du provisoire mais elle saute sur l’occasion. Ambre ne sait pas comment la remercier. Elle lui propose de filer à Cabourg, pour voir la mer. Quelle bonne idée.

Elles se baladent dans la rue principale et papotent. Ambre a vraiment l’impression qu’elles sont de la même famille et plus encore, depuis les révélations de Joséphine. Elle se sent si proche d’elle.

Une pause chez le chocolatier. D’abord pour le plaisir des yeux avec la vitrine toujours originale, puis pour l’odeur et ensuite pour choisir des chocolats en vrac.

Joséphine et Ambre arrivent sur le bord de mer après avoir coupé par le casino du Grand Hôtel. Ce Grand Hôtel qu’Ambre regarde toujours en étant impressionnée. Elle aime ce lieu qui a vu passer du beau monde. Elle s’y verrait bien directrice ! Après tout elle a bien le droit de rêver !

Après un peu de marche au bord de l’eau, en ramassant quelques coquillages car c’est marée basse, Ambre propose à Joséphine de dîner au restaurant. Elle est son invitée. Elles prennent place en terrasse, face à la mer. Tranquillement installées, elles choisissent un repas de moules-frites accompagnés d’un Muscadet bien frais.

La soirée se passe, de confidences en confidences. C’est agréable et Ambre pense parfois que c’est plus facile de se livrer à des gens qu’on ne connaît pas et qui ne nous connaissent pas trop bien qu’à des proches. Elle est persuadée que, comme il y a moins de « sentiments », les remarques sont peut-être plus justes car données avec moins de « pincettes » et que les conseils sont plus objectifs ! Elle ne sait pas si c’est vrai mais elle a bien l’impression qu’avec les réflexions de Joséphine, elle a fait de grands pas dans les décisions qu’elle compte prendre quant à son avenir et l’endroit où elle souhaite passer les prochaines années de sa vie !

En ressortant, elles passent devant la grande baie vitrée du Grand Hôtel. Une impression de calme se dégage, des nappes blanches, des lustres et un décor sublimes, de la place, des gens bien habillés, des serveurs en tenue. Tout est classe ici. A chaque fois qu’Ambre passe, elle se dit que ce lieu est propice pour les imaginations les plus fertiles. On pourrait en inventer des histoires rien qu’en regardant les personnages qui regardent la mer, qui regardent au loin, qui rêvent peut-être d’autre chose eux aussi, qui sait ?

Un sentiment de légèreté envahit Ambre, comme si la rencontre avec Joséphine allait donner à sa vie un nouveau souffle…

 

 

Chez Simone

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Quand on lui dit qu’on part dans ½ heure, elle sort le beurre, les œufs, la farine et le sucre… Elle veut nous faire des madeleines « pour la route » !

On lui dit que ça va être juste. Elle répond : « 15 min de cuisson »

On se regarde, on sourit, on sait…

On prépare nos affaires et on file chercher du pain…

La ½ heure est passée. Simone en est à sa 2ème fournée…Elle dit : « Après les « nature », j’en ai fait au chocolat-caramel »…

On se regarde, on sourit, on sait…

Il fait beau, la maison est grande ouverte. Elle dit : « C’est dommage de partir maintenant, avec ce beau soleil ».

Un léger vent vient me caresser le visage et je suis d’accord avec elle.

Elle propose de grignoter quelques restes d’hier, avant de prendre la route, et puis… il faut attendre que les madeleines refroidissent… Autant « manger un morceau » comme elle dit.

On se regarde, on sourit, on sait…

On attrape la nappe à carreaux, on met le couvert, on pose un petit bouquet de fleurs au centre de la table pour faire plus joli et on sort les lunettes de soleil…

C’est vrai qu’on va être bien « en terrasse ».

Simone sort une bouteille de cidre « Ce n’est pas vraiment de l’alcool » argumente t elle. Traduction : Vous pouvez en boire un peu quand même.

On s’installe, on trinque, on papote. On est bien au soleil, on réajuste les lunettes et on s’oriente vers les rayons pour un peu de chaleur, un peu de couleur.

L’entrée, le plat, le dessert, un café.

« Au moins vous allez éviter les bouchons » ! C’est qu’elle a des arguments Simone pour nous retenir encore un peu…

On se regarde, on sourit, on sait…

On charge la voiture, on papote encore un peu, on fait quelques photos, pour les souvenirs et on rit…

On n’oublie pas les madeleines bien sûr, sinon il faudrait faire demi-tour et… rester dîner… Oui… pour éviter les bouchons. La « transhumance » des parisiens qui rentrent de Normandie…

On s’embrasse, on fait des grands signes en remontant l’allée jusqu’à ce qu’on ne se voit plus du tout…

Arrivé au stop, on se regarde, on sourit, on sait que ça se termine toujours comme ça un week-end chez Simone…

D’ailleurs on n’avait pas envie de repartir…