Casting pour New York

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Illustration : Didier Moreau

Castille profite de la vie. Quand elle voit l’annonce d’un mystérieux milliardaire recherchant une prof française de patin à glace pour enseigner à New York, elle se dit : pourquoi pas ?

Il y a les 4 premiers épisodes d’une série à lire par ici :

https://www.novelle.fr/series/nouvelle-serie-46

Bonne lecture

Une heure de plus par jour

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Il y a eu cet article https://www.ciloubidouille.com/2019/05/04/une-heure-de-plus-tous-les-jours/ sur le blog de Ciloubidouille ( https://www.ciloubidouille.com/ )…

Ce blog est une mine d’idées diverses et variées au passage…

J’y ai laissé une réponse et puis j’ai continué ma journée…

J’ai fait des listes et écrit « blog » car ça me trottait dans la tête cette histoire d’1h en plus. 1 heure en plus comme un cadeau qu’on se fait à soit même !

Pour Blog, d’ailleurs, dans mon commentaire j’ai mis aussi : « 1h pour mon blog que je délaisse par manque d’aise (et pour cause je ne pratique pas assez ! Ceci explique cela ! Un petit coup de pied au cul « salvateur » serait nécessaire !). »

Et, en guise de « petit coup de pied salvateur », j’ai eu un joli commentaire de AnneJ (pas très douée en manip et de peur de ne pas mentionner la bonne personne je m’abstiens de mettre un lien qui ne serait pas le bon (Pierre Richard sort de ce corps !).

Et bien j’ai arrêté ou plutôt je n’ai pas commencé ce que j’avais l’intention de faire pour venir ici, tout simplement.

 

Alors si je faisais en sorte de m’accorder une heure en plus par jour…

Le lundi ce serait le blog : Faire des articles ou poster des textes car j’aime bien écrire et je suis adepte d’ateliers d’écriture.

Le mardi ce serait une heure de marche, histoire de m’aérer, d’aller dans les bois par exemple.

Le mercredi ce serait l’écriture : avancer sur une de mes histoires afin de progresser et de ne pas « presque tout reprendre » parce que j’ai un doute sur ce que j’ai laissé en cours…

Le jeudi ce serait peinture, juste pour le plaisir de laisser filer ma penser.

Le vendredi ce serait faire une sortie : Pour aller voir une expo, me balader dans Paris, flâner, découvrir un restaurant, une brasserie, un lieu, marcher et regarder les gens au passage.

Le samedi ce serait correspondance, mais ça je le fais déjà ! Choisir une jolie carte, faire un brouillon, le recopier, glisser le courrier dans une enveloppe de couleur (toujours !) et coller un joli timbre…

Le dimanche ce serait cuisine, avec un but pour apprendre à faire un plat ou un dessert.

 

Bien sûr la liste pourrait être plus longue mais il n’y aurait pas assez de jour, mais ça pourrait être : lire la presse étrangère un peu chaque jour pour entretenir les langues apprises à l’école et qui servent toujours. Ca pourrait être aussi méditer ou tout du moins apprendre, jardiner aussi…

 

Et vous, vous feriez quoi avec une heure en plus par jour ?

 

Dans cette maison il y a…

Bonjour

J’avais envie d’évoquer des endroits où j’ai passé de jolis moments, de raconter les petites histoires des lieux avec une atmosphère de temps qui passe, un peu comme une balade intemporelle…

 

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Derrière cette imposante porte, se trouve une maison…

Et dans cette maison il y a…

Une petite porte dans l’imposante porte d’entrée. Il ne faut pas oublier de lever les pieds pour passer.

Une fois que cette porte s’est ouverte, des sourires, des bisous qui claquent et des bras qui enlacent.

L’entrée de la cuisine, avec des tomettes, plus importante que l’entrée « principale ». Passage obligé au fil des années. Passage privilégié car plus près que la vraie porte d’entrée. Passage pratique pour déposer les sacs de denrées !

Des cartables qu’on laisse dans l’entrée, celle, justement, où on ne passe pas spécialement, sauf pour se regarder dans le miroir en pied !

Un grand couloir avec, au fond, un orgue sur lequel tout le monde y va de sa petite mélodie, classique ou improvisée, avec plus ou moins de succès. Sans compter que l’instrument n’est pas toujours bien accordé. Joyeuse cacophonie jusqu’à que quelqu’un demande d’arrêter !

Un chat qui mange des sardines millésimées parce qu’on a oublié d’apporter sa boite de pâté.

Un aquarium sur lequel il y a un bar. Moment de rassemblement autour d’un verre, près d’une grosse bouteille de whisky installée sur une bascule.

Un canapé dans une alcôve, avec des étagères remplies de livres, juste en face du bar.

Des enfants qui essayent de grimper sur les tabourets et d’autres, sur la pointe des pieds, qui tentent d’attraper une tranche de saucisson ou quelques biscuits salés.

Un bureau où on pose les manteaux et où parfois on file se cacher.

Une grande table en travers d’une grande pièce lorsqu’il y a des réunions de famille l’hiver.

Des tableaux immenses qui font presque la taille des murs. Ces tableaux nous font voyager jusqu’à Venise.

Des adultes qui parlent et des enfants qui jouent, qui chantent et qui parlent.

Une cheminée alimentée consciencieusement par l’hôte du lieu, pendant qu’on regarde « Marc et Sophie » le samedi soir à la télé.

Un escalier avec une rambarde, dessinée en trompe-l’œil, à la mine de plomb.

En haut de cet escalier, une salle de bain retro avec deux vasques et un grand miroir au mercure.

Une terrasse d’où l’on peut voir la rue sans être vu.

Des chambres où chacun s’installe comme il veut quand il vient.

Des faux diamants dans les tiroirs.

Des fenêtres en chien assis qui donnent sur le jardin.

Un jardin sur plusieurs niveaux. Un noisetier, un puits recouvert de lierre, une remise, des voitures.

Un chat qui passe.

Des enfants qui jouent et des parties de cache-cache.

Un barbecue où on veille sur la braise comme on surveille le lait sur le feu.

Des chaises longues dont le tissu craque car usées d’avoir été si souvent utilisées. Suivi de moment de rigolade garantis quand quelqu’un passe au travers.

Une grande table sur la terrasse, avec une belle nappe, de la jolie vaisselle et un bouquet de fleurs improvisé après une cueillette dans le jardin.

Des odeurs alléchantes et des saladiers géants. Des plateaux de fromages, du pain frais et des millésimes débouchés.

Des bruits de verres qui s’entrechoquent, qui trinquent à beaucoup de choses et, pour commencer, au le plaisir de se retrouver.

Des desserts maisons avec, parfois, des bougies dessus.

Des cafés et des chocolats.

Des digestifs en fin de repas et, il y a bien longtemps, des cigares (malodorants !).

Des rires, des confidences, des histoires, des « ça va l’école ? », des « on peut sortir de table ? », des « On est bien ici. On n’est peut-être pas obligé de rentrer », Et des « On n’a qu’à revenir le week-end prochain ». Rendez-vous pris !

Des idées, des projets pour les vacances, des envies, des dessins, des commandes de tableau.

Des papiers, des crayons, des feuilles de dessin, du matériel photo, des partages et des encouragements.

Des batailles d’eau quand il fait chaud et des papas qui rentrent de week-end habillés dans des costumes des années 70, avec des cols « pelle à tarte », pour cause de vêtements mouillés !

Des âmes d’enfants dans des corps d’adultes.

De la joie, des bonnes volontés et du bon sens.

Des saisons qui passent et des week-end qui s’enchainent.

Des sacs d’école qui sont finalement restés dans l’entrée et des devoirs restés au fond des sacs. Mais de la bonne volonté car on les a apportés. Ne dit-on pas que « c’est l’intention qui compte » ?

Des sourires, des regards bienveillants, qui font des racines solides pour les enfants qui deviendront grands.

De jolies photos prises et d’autres mal cadrées. Des polaroids, et des films à la camera super 8.

Ces photos, qu’on regarde plus tard, un peu jaunies et parfois de couleur magenta.

Des souvenirs qui réchauffent le cœur, piquent le nez et donnent des larmes aux yeux quand on y repense avec une trop forte dose de nostalgie.

Dans cette maison il y a des samedi, des dimanche et des week-end prolongés, de l’insouciance et de la bienveillance…

J’imagine un séjour idéal au Grand Hôtel de Cabourg…

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J’ai participé à un challenge où on me demandait d’imaginer mon séjour idéal au Grand Hôtel de Cabourg…

J’ai pris des notes et rassemblé mes idées et au moment de copier mon texte, je me suis aperçue que j’avais écrit beaucoup trop…

Alors j’avais quand même envie de mettre ce que j’avais écrit ici…

***

Grand hôtel de Cabourg

Ca y est j’y suis. Cet hôtel que je connais sur toutes les coutures de l’extérieur, ces baies vitrées où j’aperçois les gens dîner face à la mer. Ce hall que je traverse de temps en temps depuis que j’ose entrer dans l’établissement.

J’aime l’ambiance qui s’y dégage, j’écoute les notes de piano, j’ai l’impression que je vais croiser un héros de roman.

J’imagine arriver dans l’après midi, avoir un accueil sympathique et authentique.

Monter les marches, pour me rendre dans ma chambre, en suivant la personne qui m’aura accueillie.

Prendre le temps de monter, de sentir mes pas sur le tapis des escaliers, tapis qui ralentirait mon ascension pour me faire comprendre de prendre mon temps.

Je regarde à droite et à gauche les détails. J’imagine l’odeur du couloir et les tapisseries. Je m’attarde sur les cadres et je lis quelques informations sur les personnes passées dans l’établissement avant moi.

La personne qui m’accompagne ouvre la porte et s’efface pour me laisser entrer. Je m’arrête au milieu de la pièce et je regarde partout, je fais un tour à 360° pour que rien de m’échappe.

J’enlève mes chaussures pour avoir le plaisir de sentir le moelleux de la moquette.

J’admire le décor, l’espace, la hauteur sous plafond, les tentures, les lampes, les appliques. La décoration est faite avec goût. Je regarde les oreillers bien alignés sur le grand lit où je ne remarque aucun pli.

Je jette un œil vers la mer en décalant une partie du voilage. J’ouvre la fenêtre, sors sur le balcon et inspire à pleins poumons. Je ferme les yeux un instant pour profiter du moment présent. Puis, je reste un long moment à admirer le paysage, mon œil n’est pas « arrêté » par une quelconque construction. Je me penche un peu pour regarder ce qu’il se passe en bas et, curieuse, je tourne la tête à droite et à gauche pour voir si j’ai des voisins qui font la même chose que moi.

Je rentre, regarde l’espace avec un autre point de vue. Il y a un joli bureau et je m’aventure dans la salle de bain. Un style ancien, classique, du carrelage de grande qualité, un éclairage savamment étudier pour mettre l’hôte des lieux en valeur.

Je note les délicates attentions avec quelques produits de soins, des serviettes et un peignoir confortables.

Sur le bureau il y a une lettre manuscrite d’une personne qui s’est appliquée avec des pleins et des déliés. Cette lettre est personnalisée puisqu’elle m’est adressée. On me raconte l’histoire de l’hôtel mais plus précisément l’histoire de la chambre avec les personnes qui y sont passées. Les habitudes des plus illustres, les anecdotes touchantes et parfois croustillantes, mais jamais déplacées. On me propose quelques suggestions : Sorties, visites, découvertes…

La classe et l’élégance.

Je prends le temps de m’installer, je range mes affaires dans les endroits prévus pour et, même si je ne reste pas longtemps, je fais comme si mon séjour allait durer.

Je descends et suis accompagnée au bar. Il y a une âme dans ce lieu à l’atmosphère feutrée de La belle époque. Je me laisse tenter par un cocktail. J’aime le calme et je suis détendue. J’observe les gens. Qui sont les habitués et qui vient pour la première fois ? Je ne sais pas mais je laisse libre cours à mon imagination pour inventer des vies aux personnes qui m’entourent.

Je laisse défiler le temps.

Je pars marcher un peu sur le bord de mer et ramasser quelques coquillages.

L’heure du dîner arrive et je prends place au Balbec. Le menu dégustation me tente. Mes papilles voyagent de saveurs subtiles en mélanges originaux. Le tout est présenté avec soin et délicatesse.

La soirée se poursuit avec un bref passage au Casino mais vraiment bref pour pouvoir profiter du confort et du calme de ma chambre.

Je m’installe au bureau pour prendre le temps de noter quelques impressions et je lis calée par trois ou quatre oreillers dans le lit douillet.

Le lendemain le petit déjeuner est servi dans la chambre. Je profite du calme et d’un rayon de soleil pour m’attarder sur le balcon.

Puis je file au spa et m’offre une parenthèse de bien-être avec un massage signature.

La matinée s’écoule sous le signe de la détente.

Puis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, il est temps de plier bagage…

 

Un séjour au grand hôtel serait : recevoir un accueil personnalisé, avoir une touche de culture, une dose d’étonnement et un soupçon de « c’est merveilleux d’être ici ».

Repartir avec des étoiles plein les yeux et un supplément d’âme. Etre cueillie par l’émotion.

Avoir envie d’y revenir à n’en pas douter.

 

Bien sûr je serai accompagnée de mon amoureux !

 

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La maison de la sorcière

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Il en avait marre Nico qu’on lui dise : « Si tu n’es pas sage on va t’emmener dans la maison de la sorcière », « si tu ne travailles pas bien à l’école, on va t’emmener dans la maison de la sorcière », « si tu embêtes ta sœur, on va t emmener dans la maison de la sorcière ».

La maison de la sorcière c’était une maison qu’on apercevait à peine de la rue du cul de sac, près du bois. La grille rouillée était toujours entrouverte, coincée par les ronces, elle n’avait pas bougé depuis des lustres. De temps en temps on apercevait un peu de lumière à l’une des fenêtres de la maison.

Nico il ne croyait pas les adultes. Il se disait que leurs « menaces » c’était pour avoir la paix avec les enfants mais qu’au fond les sorcières…

Alors, pour en avoir le cœur net, il s’était donner un défi : Se rendre lui-même dans la maison de la sorcière mais pas n’importe quand. Le soir d’Halloween. Oui Nico s’était dit que, même si il ne croyait pas les adultes, si jamais ils avaient quand même raison, il valait mieux choisir une date où, a priori, elle devait être de sortie ! Alors pour lui Halloween, c’était le jour J !

Il avait tout prévu : Un sac à dos avec des bonbecs et de l’Orangina ! Le jeune garçon se disait que peut-être la sorcière, si il y en avait une, aimait aussi les bonbons ! On lui avait tellement dit des choses horribles sur elle et sa façon de vivre ! Il avait prévu des œufs au plat, des frites « qui piquent », des petites bouteilles de coca et, en « dessert », des fraises Tagada !

Nico se disait que la sorcière était peut-être triste de ne pas être aimée et que c’était la meilleure façon de faire sa connaissance. Bien sûr il n’avait rien dit à personne, mais avait quand même laissé un mot, au fond de la boite en fer où on rangeait les bonbons à la maison. Comme ça si il rentrait avant tout le monde il enlèverait le papier, sinon il avait écrit : « Je suis allé moi-même chez la sorcière, si vous me cherchez… ». Il n’avait pas peur… A 9 ans on n’a pas peur des sorcières, mais c’était pour prévenir quand même !!! Au cas où…

La nuit était tombée pourtant il n’était pas tard, mais la pleine lune donnait un peu de clarté. Nico avait marché jusqu’à la grille. Arrivé devant, il ne pouvait pas reculer, pourtant il n’en menait pas large ! Mais bon il voulait relever ce défi, pour lui et pour que les adultes arrêtent leurs menaces débiles pour faire peur aux petits !

Pas à pas il s’était avancé, un peu griffé par les ronces. Puis il avait trouvé un petit chemin, la maison lui semblait loin. Il avait sursauté à ses propres bruits quand il avait fait craquer des brindilles et foulé les feuilles, il avait eu un peu peur par l’attaque de glands suite à un coup de vent. Il avait été épouvanté par le vol silencieux mais non moins impressionnant d’une chouette. Il était juste rassuré par le fait qu’il n’y avait pas de lumière dans la maison.

Arrivé devant, il était resté immobile un moment. Il avait regardé à droite et à gauche et en haut aussi. Pas de bruit. Il avait pris une grande respiration et avait appuyé sur la poignée de la porte. Elle n’était pas fermée à clé. Il était rentré sur la pointe des pieds, ça sentait la soupe et le renfermé. Il avait allumé sa petite lampe de poche pour y voir un peu plus clair. Rien d’impressionnant, une vieille maison, de la poussière, une table et des chaises en bois, une cheminée avec quelques braises, une grande cuisine qui était la pièce principale. Une chambre et un escalier avec quelques marches cassées. Pas de photos, pas de tableau, une bibliothèque déglinguée avec 2 ou 3 livres, des grimoires peut-être, sûrement, vu qu’il était chez une sorcière. Il se demandait si vraiment quelqu’un pouvait vivre ici et finalement se disait qu’il n’y avait rien à voir…

Au moment où il allait sortir, il se figea. Il venait d’entendre un bruit. Un moteur de voiture et des phares venaient d’éclairer la maison. Il avait juste eu le temps de se baisser pour ne pas être vu. Il avait peur. Une sorcière ça n’a pas de voiture. Dans la panique, il avait monté les escaliers en veillant à ne pas tomber. Il était arrivé rapidement en haut. Entre la précipitation et la peur, Nico avait le souffle coupé. Peu à peu il essayait de se calmer et de trouver des repères. A l’étage il n’y avait rien. Un grand espace avec des toiles d’araignées et de la poussière. Un vieux parquet qui craque, avec des trous par endroit.

En entendant la porte d’entrée s’ouvrir, son cœur battait à 100 à l’heure.

Il s’était allongé. Peu à peu il essayait de se calmer et restait le plus immobile possible. Il avait fait attention à tous les bruits qu’il pouvait entendre. Deux portières avaient été claquées et les phares de la voiture étaient à présent éteints. La pénombre, de nouveau, mais plus pour longtemps. Il ne bougeait plus et avait même peur de respirer. Il ne fallait surtout pas faire de bruit. Il entendait les pas de plusieurs personnes. Qui venait d’entrer ? Combien étaient-elles ? Combien de temps allait il rester là ? Il se disait qu’il avait bien fait de laisser son mot dans la boites à bonbons, même si il allait se faire gronder…

Quelqu’un venait d’allumer la lumière et il s’était rendu compte de l’état vraiment vétuste du parquet avec les filets de lumières qui le traversaient. Une vraie passoire. En écoutant les pas il avait compté trois personnes.

Nico retenait toujours sa respiration de peur qu’on l’entende. En rampant discrètement il avait réussi à mettre son œil contre un trou dans le parquet, ainsi il assistait à la scène qui se déroulait au rez de chaussée.

Il y avait deux adultes et une fille…

La fille il la connaissait, c’était Clarisse, la fille « bleu marine » ! Toujours sage et habillée « sage », en robe bleu marine avec un col Claudine, des ballerines et des socquettes blanches. Des cheveux longs, bruns, retenus par un serre-tête.

Clarisse c’était la fille qui était dans la classe en dessous de lui, dans la classe de sa sœur Charlotte. Il ne la connaissait pas. Elle restait dans le préau pendant les récréations et personne ne jouait avec elle. Les maitresses étaient gentilles avec elle et puis à ce qu’il paraît elle connaissait tout, c’était la meilleure élève. Nico c’est tout ce qu’il savait sur elle. Après tout elle était plus petite que lui et puis lui c’est les copains qui l’intéressaient !

Après il trouvait ça bizarre que Clarisse soit là, avec deux hommes qui avaient des looks de méchants !

Voilà ! Bon sang mais c’est bien sûr ! En regardant la scène il réalisait qu’il assistait à un kidnapping ! Clarisse venait d’être kidnappée ! Oh ! Pas croyable ! Lui qui pensait rencontrer une sorcière !!!

Un des hommes avait dit à Clarisse de s’asseoir et de ne pas bouger. Elle se retrouvait juste en dessous de Nico. Elle était docile, elle ne disait rien. Elle avait mis ses mains sur ses genoux et elle attendait.

L’autre homme rallumait le feu dans la cheminée.

Après avoir un peu observé, Nico avait analysé la situation : Il y avait Clarisse, un des « méchants », qui semblait être le chef car l’autre l’appelait Boss et l’autre c’était Lulu ! AU passage, Nico trouvait ça nul d’être kidnappeur professionnel et de s’appeler Lulu ! Ca n’allait pas avec le décor et la situation, mais enfin bon on n’était pas dans un film non plus !

Le jeune garçon se demandait ce qu’il se passait dans la tête de Clarisse. Profitant d’un moment où les deux méchants avaient le dos tourné, il avait laissé tomber un bonbon par terre pour faire un signe à la petite fille. Comme ça elle pouvait se dire qu’il y avait d’autres enfants ici. Il se disait qu’à sa place ça l’aurait rassuré ! Bref il n’avait pas trouvé mieux ! Sans lever la tête, la petite fille avait juste mis son pied sur le bonbon tombé non loin et l’avait ramené vers elle.

Puis le Boss avait dit à Lulu qu’il avait une course à faire. Il lui ordonnait de surveiller « la petite », comme il surnommait Clarisse, et de ne pas la lâcher d’une semelle.

Lulu avait dit Ok.

Une fois le Boss parti, Lulu avait tenté de parler un peu avec Clarisse, mais elle ne disait rien et ne le regardait même pas. Elle fixait le sol, les mains sur ses genoux.

Lulu avait « lâché l’affaire » et s’était mis à pianoter et regarder son téléphone portable.

Ca paraissait long d’attendre. Nico n’avait pas la notion du temps. Il se disait qu’il fallait qu’il trouve une solution mais laquelle ? Et puis ses parents, en trouvant le mot, si jamais ils débarquaient comme ça, ils allaient se mettre en danger. Nico n’était pas tranquille.

Tout en réfléchissant, il avait eu l’idée de mettre ses chaussettes sur ses chaussures. Exercice compliqué car il ne fallait surtout pas faire de bruit, mais il se disait que c’était la seule solution pour faire le moins de bruit possible dans la maison et pour pouvoir se mettre à courir sans se faire mal aux pieds.

Le téléphone de Lulu sonna. Concentré sur sa mission, il avait dit à son interlocuteur qu’il ne pouvait pas rester parler très longtemps. Puis, de fil en aiguille, avec la voix de Lulu devenant presque mielleuse, Nico cru comprendre que c’était plutôt une interlocutrice qui s’adressait à lui. Et Lulu, en fait, il semblait sous le charme et plutôt bavard. Tellement bavard qu’il avait préféré sortir pour passer son coup de fil avec plus de discrétion.

La porte venait de claquer et au son de la voix, Nico avait l’impression que le «surveillant » s’éloignait de plus en plus. Alors, il avait relevé sa tête pour regarder discrètement par la lucarne de l’étage, ce qu’il se passait et avoir confirmation.

Puis il s’est mis à descendre sans faire de bruit.

Clarisse de son côté ne bougeait pas mais chuchotait : _« Il y a quelqu’un ? Un autre enfant ? »

Nico : _« Oui je m’appelle Nico, j’ai 9 ans  Tu es Clarisse ? »

Clarisse : _« Oui, comment connais tu mon prénom ? »

Nico venait d’arriver en bas. Clarisse souriait mais restait perplexe : _« Toi aussi ils t ont kidnappé ? »

Nico : _« Non mais c’est long à expliquer. Il faut qu’on trouve une solution pour sortir vite. Viens on va bloquer la porte d’entrer pour gagner du temps. »

Clarisse s’exécuta à l’aide d’une chaise. L’installation ne tiendrait peut-être pas longtemps mais suffisamment pour sortir par une fenêtre du côté opposé à la voiture.

En essayant de faire le moins de bruit possible, ils étaient dehors. Nico prit la main de Clarisse pour l’entrainer vers le chemin qu’il avait emprunté à l’aller.

La petite fille ne disait rien et suivait.

Une fois dehors, ils s’étaient mis à courir très vite jusque dans un jardin que Nico connaissait. Et pour cause c’était le jardin de son voisin. Il était passé par là pour prendre un raccourci et arriver à la maison de la sorcière.

Les deux enfants étaient essoufflés.

Clarisse : _« Pourquoi tu étais dans cette maison ?»

Nico : _« Mes parents m’avaient dit que c’était la maison de la sorcière alors j’ai voulu vérifier moi-même. »

Clarisse : _« La maison de la sorcière ! C’est drôle ! Tu avais peur ? »

Nico qui ne voulait rien laisser paraître : _« Non, je voulais juste savoir si c’était vrai ! Et toi que s’est il passé »

Clarisse : _« J’ai été kidnappée par le chauffeur que mes parents ont embauché pour m’accompagner à l’école et me ramener à la maison ! »

Nico : _« Hein ! »

Clarisse : _« Oui « Boss » s’appelle Michel en fait. C’est le nouveau chauffeur. Tu as remarqué que je suis toujours à l’écart à l’école. Ce n’est pas parce que j’en ai envie, mais c’est parce que mes parents ont peur que je sois kidnappée ! C’est réussi ! »

Nico : _« Oh ben ça alors ! Viens on va aller jusque chez moi pour prévenir mes parents et les tiens »

Clarisse : _« D’accord merci. Heureusement que tu es allé voir si il y avait une sorcière dans cette maison ! »

Nico est rentré chez lui avec Clarisse, en mangeant les bonbons en chemin pour se remettre de leurs émotions. Clarisse souriait, soulagée d’être libérée, et puis cette sortie improvisée avec Nico avec pour elle un goût de liberté !

Les parents de Nico n’avaient pas l’air ravi de l’escapade de leur fils surtout en remarquant qu’il avait mis ses chaussettes sur ses chaussures !!! Mais, voyant la tête des petits, ils se sont radoucis !

Les enfants ont tous deux raconté leurs mésaventures et les parents de Clarisse ont été prévenus.

Rencontre entre les parents, dépôts de plaintes, etc… Bref une soirée mouvementée pour tout le monde.

Nico en a appris un peu plus sur Clarisse. Il ne trouvait pas ça très drôle d’être constamment sur surveillance à cause de parents ultra riches et ultra importants (ça veut dire quoi pour un enfant de 9 ans, ça ne rime à rien ! Et quand on n’est plus grand on sait aussi que ça ne rime pas à grand-chose !!!).

Pour le lendemain, Nico a suggéré de passer, avec sa sœur, chercher Clarisse pour aller ensemble à l’école ! Ce sera toujours plus difficile de kidnapper 3 enfants en même temps ! Clarisse semblait ravie et ses parents ont accepté en donnant de nombreuses recommandations !

Aux dernières nouvelles les kidnappeurs ont disparu mais à la place de leur voiture, restée dans le « jardin » de la « maison de la sorcière», les enquêteurs n’ont trouvé…

…qu’une citrouille !!!

 

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Vous prendrez du fromage après la raclette ?

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Dernier week-end avant déménagement. On ne dort même pas dans la chambre de d’habitude, celle du 7ème art, avec la frise Marilyn Monroe, car il n’y a plus de lit !

Les pièces se vident et les cartons s’empilent. On va faire une dernière flambée dans la grande cheminée qui trône au milieu de la pièce principale.

C’est bizarre mais c’est comme ça, une page se tourne et une autre va s’écrire.

La radio en fond sonore, on papote et on profite du temps qui passe…

Je suis sûre qu’elle va faire une raclette ce soir, je l’ai dit à Monsieur hier…

« J’ai pensé à une raclette pour ce soir ! Ca vous va ? »

Regard appuyé et clin d’œil vers lui !

« J’en étais sûre ! »

Elle sourit, lui aussi !

Elle énumère la liste des charcuteries pour accompagner le fromage. Sans compter le saucisson au camembert de Cambremer « pour l’apéro » !

Elle parle de bulles et de vin. Un dernier dîner ici, ça se fête !

On dresse la table, jolie présentation, belle nappe, les petits plats dans les grands, des verres à vin originaux et des flûtes à Champagne avec des pieds aussi grands que les pattes d’un flamand rose ! Oui on rangera la vaisselle dans les cartons en dernier, il y a des priorités !

Des détails qui font des souvenirs mémorables… Une table qui pourrait illustrer un magazine de cuisine ou de décoration !

Elle fait le point, elle veut qu’il ne manque rien.

« On verra pour le dessert » dit-elle car elle n’y a pas pensé ! Après une raclette je ne pense pas au dessert non plus !

Et la elle ajoute, sans rire : « Vous prendrez du fromage après la raclette ? »

Oui, nous sommes en Normandie…

Et oui on a pris du fromage…

 

Monsieur M.

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4ème 3, deuxième langue : Espagnol.

Monsieur M est le SEUL prof de cette matière dans ce collège…

Tête et lunettes rondes comme son physique. Pas un regard quand il passe dans les couloirs, il ne calcule ses élèves que quand ils sont « à sa merci » : Un « Buenos dias », avec un petit sourire en coin, lorsqu’il met la clé dans la serrure de sa classe…

Ca ne va pas rigoler, ceux qui l’ont eu avant nous nous ont prévenus…

Premier cours on comprend : avoir toujours son dictionnaire, son livre, son répertoire, son cahier et interro écrite tous les vendredi.

Adepte du petit mot pour les parents dans le carnet de correspondance, il devient rouge comme une tomate quand il s’énerve et postillonne en répétant sa phrase fétiche : « Eres un burro ! » (« tu es un âne ! ») quand il s’adresse à sa « victime » !

Alors il faut faire avec : apprendre par cœur, réviser, remplir son tableau de verbes qui s’allonge comme un Paris-Barcelone au fil de l’année scolaire.

Des contrôles, des mauvaises notes, des heures de colle pour toute la classe, du découragement… Mais il faut s’accrocher…

Et puis les années passent, les anecdotes, les souvenirs, ce Monsieur M « la terreur des professeurs »… Rien de drôle sur le moment mais on finit par en sourire des années après…

… Et des années après, avoir toujours une pensée pour lui quand on se rend compte qu’on touche toujours sa bille en espagnol…

Drôle de méthode mais efficace ! On a tous eu des profs sympas, pas sympas, sévères, justes ou non, « cool », nuls, très peu de professeurs nous laissent de vrais souvenirs finalement.

On connaît tous un Monsieur M, un peu sévère, parfois trop, mais qui nous a appris des choses… Résultat : il a bien fait son boulot !

Et vous votre Monsieur M qu’est ce qu’il vous a appris ?